La tapisserie d’ameublement, un beau commencement.

La tapisserie d’ameublement, un beau commencement.

La tapisserie d’ameublement, c’est par là qu’a commencé mon cheminement. Par hasard, au détour d’une journée portes ouvertes chez les compagnons du devoir. Puis à force d’acharnement je suis rentrée en apprentissage chez un tapissier parisien, et aie découvert la magnificence de l’artisanat. La découverte d’intérieurs somptueux, les dessous des châteaux qui faisaient appel à nos services, m’ont convaincue de la beauté du métier qui devenait le mien.

Je me souviens de mon premier tabouret carré, celui sur lequel j’allais m’asseoir durant tout mon apprentissage. Mes mains se souviennent des ampoules, des blessures, et de cette phrase ancrée en moi « c’est le métier qui rentre ». Oh ça il est bien rentré le métier! A chaque coup de ciseau arrêté par mes phalanges, chaque coup de tire-crin qui éraflait ma peau, et la boîte de pansements qui se vidait.

Puis les sièges ont laissé place aux rideaux, aux coussins, aux drapés, aux choux, les raccords… C’est là que j’ai découvert mon amour pour le flou: le tissu qui glisse, et drape, et surtout qui vie. J’ai appris, doucement et sûrement les gestes centenaires du tapissier qui fait de son mieux pour rendre un travail impeccable. J’ai appris à faire et défaire, dans la frustration de faire de mon mieux. J’ai également appris que la perfection n’existe pas, et que c’est là le coeur de l’artisanat: ce petit grain, ce défaut imperceptible, qui rappelle que : oui c’est bien un humain qui l’a fait, et pas une machine.

Et même si je ne suis pas restée à la tapisserie et que j’ai poursuivi mon parcours dans la couture d’habillement, je n’en reste pas moins reconnaissante à ce riche apprentissage et ces valeurs qui me sont utiles chaque jour.

Il y a des jours comme ça où la nostalgie vient souffler sur mon établi, pour me rappeler d’où je viens, et que je dois beaucoup aux personnes qui m’ont permis d’en arriver là.

1 Avis

  1. Anaïs 2 années ll y a

    Il y a dans mon bureau une chaise, que je compte bien user avec mon fessier, mais vu la qualité du travail, je pense qu’il me faudra bien cinq décennies pour y parvenir. Encore merci, pour le superbe travail que tu as fais sur cette vieille chaise, qui a repris une belle vie entre tes mains. <3

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*